Ouvrir un food truck en Belgique : tout savoir pour lancer et gérer votre activité

Ouvrir un food truck en Belgique : tout savoir pour lancer et gérer votre activité

Il y a mille façons d'arriver à son propre food truck. Certains démarrent avec une vieille baraque à frites et une bonne idée, d'autres construisent une remorque de A à Z. Tous doivent pourtant répondre aux mêmes questions : quel truck ? Quelle électricité ? Quelles règles ? Et comment gagne-t-on vraiment de l'argent avec ça ?

Cette page vous donne la réponse courte à chacune de ces questions, avec ce que les propriétaires de food trucks en Belgique demandent le plus souvent.

Vérifiez toujours les règles en vigueur auprès des autorités officielles
Les règles, les tarifs et les conditions changent, et une partie d'entre eux varie selon la région et la commune. Cette page vous aide à démarrer et ne remplace pas les sources officielles. Vérifiez toujours les règles en vigueur auprès des autorités avant de prendre une décision :

Dernière vérification : 5 novembre 2026

De l'idée à la première réservation

  1. Testez votre concept avant d'investir gros : louez un food truck pendant un temps, ou faites un pop-up avec une tente ou un stand, et lancez-vous sur un marché ou lors de quelques fêtes privées.

  2. Choisissez votre truck : neuf, d'occasion, remorque ou aménagement maison.

  3. Réglez l'électricité, le gaz et l'eau.

  4. Inscrivez votre entreprise à la BCE via un guichet d'entreprises, demandez votre autorisation à l'AFSCA et mettez en place votre autocontrôle.

  5. Souscrivez les bonnes assurances.

  6. Faites vos calculs et fixez vos prix.

  7. Faites-vous trouver par les clients : avec un bon site web, de la publicité, les réseaux sociaux et des plateformes comme Nuento – et posez vous-même votre candidature pour des festivals, des braderies et des marchés.

Comment choisir le bon food truck ?

Le premier grand choix, c'est le truck lui-même. Une baraque à frites ou un food truck d'occasion peut être une porte d'entrée bon marché, mais un truck en mauvais état peut vite engloutir l'économie réalisée en réparations. Vérifiez surtout le châssis et les freins, le circuit d'eau propre et d'eaux usées, l'extraction et l'installation de gaz avant d'acheter.

Réfléchissez aussi au type. Un food truck avec moteur est une camionnette ou un camion aménagé : vous roulez avec jusqu'à l'événement, et la cuisine et le véhicule ne font qu'un. Une remorque food truck n'a pas de moteur : vous la tractez derrière votre voiture et la dételez sur place. Une remorque est généralement moins chère, mais il vous faut un véhicule tracteur et parfois un autre permis de conduire. Vérifiez aussi que le truck est aménagé pour la cuisine que vous voulez proposer.

Combien coûte l'ouverture d'un food truck ?

Le plus gros poste est généralement le truck et son équipement. Mais comptez aussi votre inscription, les assurances, un premier stock, un terminal de paiement, le marketing et une réserve. Beaucoup de propriétaires de food trucks disent que la première année est la plus dure, parce que le chiffre d'affaires dépend de la saison et de la météo.

Les montants ci-dessous sont des prix indicatifs relevés dans des petites annonces, chez des fournisseurs et sur des sites belges en novembre 2026. Les prix varient fortement d'un truck à l'autre.

PosteEnvironRemarque
Food truck ou remorque2.500–106.000 €De la remorque d'occasion au truck neuf. Souvent aussi en leasing ou à crédit
Appareils de cuisinep. ex. 2.900–7.900 €Exemple : double friteuse et plaque de cuisson. Plus avec froid et extraction
Contrôle gaz et électricitésur devisChaque année, par un organisme agréé
Groupe électrogèneenv. 2.800–6.000 €Seulement s'il n'y a pas assez de courant sur place
Terminal de paiementenv. 45–100 €P. ex. SumUp ou myPOS. Plus un coût par paiement
Inscription à la BCEenv. 112–190 €Inscription plus frais de dossier du guichet d'entreprises
AFSCAcontribution annuelleLe montant dépend de votre activité et de votre personnel
Formation sécurité alimentaire–L'AFSCA propose elle-même un e-learning pour les starters
Logo et lettrageenv. 2.500–5.000 €Conception et marquage du truck
Premier stockenv. 300–1.000 €Estimation grossière : ingrédients et emballages pour les premiers événements
Assurances, première annéeà partir d'env. 300–550 €Estimation grossière pour la RC du véhicule. La RC exploitation s'y ajoute
Budget de départ total (estimation grossière)env. 8.700–120.700 €Somme des lignes chiffrées, sans contrôle, groupe électrogène, contribution AFSCA ni RC exploitation

Si vous achetez le truck en leasing ou à crédit, vous payez à la place un acompte et une mensualité fixe. Demandez toujours si un prix est TVAC ou HTVA.

Électricité, gaz et eau

L'électricité, c'est ce que les clients demandent le plus souvent, et ce qui coince le plus souvent le jour J. Les trucks qui se contentent d'une prise ordinaire de 230 V sont les plus faciles à réserver. Une telle prise fournit au maximum environ 3.700 W, et souvent moins. Beaucoup de trucks ont donc besoin d'un raccordement plus puissant, par exemple une prise CEE rouge s'il y a une friteuse. Connaissez votre besoin exact, et ayez un plan s'il n'y a pas assez de courant sur place : un groupe électrogène, une batterie ou le gaz. Pour calculer votre besoin et choisir la bonne prise, lisez l'article sur l'électricité pour votre food truck.

Le gaz réduit votre besoin en électricité, mais il est interdit à de nombreux endroits, comme les festivals et les centres urbains. Renseignez-vous donc à l'avance auprès de l'organisateur. Si vous travaillez au gaz, l'installation doit être correctement réalisée et contrôlée. L'installation de gaz et d'électricité doit être contrôlée chaque année, et les communes et les organisateurs demandent souvent une attestation de contrôle avant de vous laisser vous installer. Prévoyez aussi assez d'eau potable et un moyen de récupérer les eaux usées.

Quelles règles et autorisations vous faut-il ?

Ces quatre points doivent surtout être en ordre :

  • Un numéro d'entreprise à la BCE. Vous vous inscrivez via un guichet d'entreprises agréé, avec le bon code d'activité pour un food truck. La carte de commerçant ambulant n'existe plus : elle a été supprimée le 1er avril 2024 en Flandre et à Bruxelles et fin 2024 en Wallonie. C'est désormais votre inscription à la BCE qui compte. Beaucoup de sites ne sont pas encore à jour sur ce point.

  • Une autorisation de l'AFSCA. Un food truck relève en règle générale de la « restauration ambulante », et il vous faut pour cela une autorisation de l'AFSCA avant de commencer à vendre. Pendant le traitement de votre demande, vous ne pouvez pas encore vendre. Affichez votre autorisation de manière visible dans votre truck.

  • L'autocontrôle et l'hygiène. Vous devez pouvoir montrer comment vous garantissez la sécurité alimentaire – du stockage et de la réfrigération à la préparation et au nettoyage. L'AFSCA propose pour cela un guide générique d'autocontrôle pour les entreprises qui vendent aux consommateurs.

  • Un emplacement. Pour vendre sur la voie publique, il vous faut une autorisation de la commune où vous voulez vous installer. Chaque commune a son propre règlement. Sur un terrain privé, il vous faut l'accord du propriétaire.

S'y ajoutent la TVA et, éventuellement, une autorisation pour servir de l'alcool. Pour ce dernier point, renseignez-vous auprès de votre commune.

Quelles assurances pour un food truck ?

Certaines assurances sont obligatoires par la loi. D'autres sont exigées par l'organisateur ou la commune, ou sont simplement raisonnables :

  • RC automobile (obligatoire). Tout food truck motorisé doit être couvert par une assurance responsabilité civile. Une remorque jusqu'à 750 kg est couverte par la RC du véhicule qui la tracte (signalez-le quand même à votre assureur) ; une remorque plus lourde a sa propre plaque et a besoin de sa propre assurance. Si vous utilisez le truck sur place comme outil de travail, ces dommages ne relèvent pas toujours de la RC auto : demandez si votre RC exploitation les couvre.

  • Assurance accidents du travail (obligatoire dès que vous avez du personnel). Elle vaut aussi pour les étudiants jobistes et les flexi-jobistes. En tant qu'indépendant, vous n'êtes pas couvert vous-même.

  • RC exploitation. Elle couvre les dommages que vous causez à d'autres personnes ou à leurs biens pendant votre activité, par exemple si un invité trébuche sur un câble. Elle n'est pas obligatoire pour toutes les entreprises, mais les festivals, les marchés et les communes en demandent souvent une preuve.

  • RC après livraison. Elle couvre les dommages si votre nourriture rend quelqu'un malade. Elle fait souvent partie de la même police que la RC exploitation, mais pas toujours : vérifiez-le.

  • Responsabilité objective incendie et explosion. Obligatoire pour certains établissements accessibles au public, comme les restaurants et cafés d'une certaine taille. Demandez à votre assureur si elle s'applique aussi à votre food truck.

  • Statut social. Ce n'est pas une assurance au sens strict, mais en tant qu'indépendant, vous devez vous affilier à une caisse d'assurances sociales. Une assurance revenu garanti est un complément facultatif pour le cas où vous tombez malade.

  • Incendie, omnium et pertes d'exploitation (facultatif). L'omnium couvre les dégâts à votre propre truck, une assurance incendie et matériel votre cuisine et votre stock, et une assurance pertes d'exploitation la perte de revenus si vous ne pouvez pas travailler après un sinistre.

Demandez aussi à vos organisateurs quelles assurances ils exigent, et gardez vos attestations à portée de main. Comparez les offres via un courtier, et vérifiez toujours les règles en vigueur auprès des autorités officielles.

Quand un food truck doit-il facturer la TVA ?

Si votre chiffre d'affaires annuel reste sous 25.000 € HTVA, vous pouvez opter pour le régime de franchise de TVA des petites entreprises. Vous ne facturez alors pas de TVA, mais vous ne pouvez pas non plus récupérer la TVA sur vos achats. Au-delà, vous facturez la TVA sur vos prix. Avec un truck coûteux et beaucoup de matériel, le régime normal peut être plus avantageux, même sous le seuil.

Pour la nourriture servie avec service lors d'une fête, c'est généralement 12 % de TVA, pour les boissons 21 %. La nourriture vendue uniquement à emporter relève souvent du taux de 6 %. Conservez dès le premier jour tous vos tickets et factures, y compris les versements des plateformes et des festivals.

Quel concept choisir ?

Spécialisez-vous dans une seule chose, et faites-la très bien. Un concept pointu se retient et se choisit plus facilement qu'un menu qui veut tout faire un peu. Burger, pizza et BBQ ont du succès lors des fêtes. En Belgique, la frite est un métier à part entière : si vous vendez des frites, on vous comparera à la friterie, alors elles doivent être parfaites. Un truck à desserts avec des gaufres de Bruxelles ou de Liège est une spécialité typiquement belge qui marche bien dans les mariages. De plus, les festivals et les braderies veulent rarement deux trucks avec la même cuisine, donc un concept bien à vous peut être votre ticket d'entrée. Pensez aussi au nombre de portions que vous pouvez préparer par heure, et à la possibilité d'adapter votre menu aux allergies et aux régimes.

Comment fixer le prix de votre food truck ?

Procédez en deux étapes :

  1. Partez de vos propres coûts. Faites le calcul à l'envers à partir des ingrédients, des emballages, du carburant, du gaz, des salaires, des frais et du droit de place, pour savoir ce qu'une réservation doit rapporter au minimum. L'erreur la plus fréquente est de copier les prix des autres sans savoir s'ils couvrent vos propres coûts.

  2. Comparez ensuite avec le marché. Pour une formule repas, les clients paient le plus souvent environ 12–30 € par personne. Si vous êtes bien au-dessus du marché, les clients doivent pouvoir voir pourquoi. Si vous êtes bien en dessous, vérifiez que vous n'avez pas oublié un coût.

Beaucoup de food trucks travaillent avec un forfait de base fixe et un prix par personne. Un exemple fictif : avec un forfait de base de 350 € et 14 € par personne, 50 invités coûtent 1.050 € (21 € par invité), tandis que 100 invités coûtent 1.750 € (17,50 € par invité). Le prix par invité baisse donc quand il y a plus d'invités, parce que le forfait de base est réparti sur plus de personnes.

Fixez une seule grille de prix qui tient pour vos réservations habituelles, et calculez chaque marché et festival à part : dites non quand le droit de place engloutit toute votre marge.

Où trouver des réservations ?

En gros, les réservations arrivent de deux façons :

  • Les clients vous trouvent. Des entreprises et des particuliers qui organisent une fête du personnel, une communion, un mariage ou un anniversaire. Ils vous trouvent via votre site web, la publicité, les réseaux sociaux, Google et des plateformes comme Nuento – ou parce qu'ils vous ont déjà croisé. Avec ce type de réservations, vous connaissez votre chiffre d'affaires à l'avance, parce que le client a indiqué le nombre d'invités et choisi un menu avant que vous disiez oui.

  • Vous cherchez les clients vous-même. Festivals de food trucks, braderies, marchés annuels, kermesses et emplacement fixe. Vous y payez souvent un pourcentage de votre chiffre d'affaires, l'électricité et un droit de place, et votre chiffre d'affaires n'est pas garanti. Mais c'est une bonne façon de vous faire connaître.

D'où que viennent vos clients, ce sont les mêmes choses qui les poussent à vous choisir : de bonnes photos de votre truck et de votre cuisine, des prix clairs, des réponses rapides et de bons avis.

Le jour de l'événement

C'est le jour J que vous gagnez votre prochaine réservation. Convenez à l'avance de l'heure d'arrivée, du montage, de l'électricité et de l'emplacement. Soyez prêt pour les allergies et pour plus d'invités que prévu. Avec un truck propre et bien rangé, un bon service et un sourire, vous irez déjà très loin.

Surveillez aussi l'heure. Un service en retard est l'une des choses dont les clients se plaignent le plus souvent après une fête. Souvent, on peut rattraper le coup si l'on anticipe le jour même : prévenez l'hôte dès que vous voyez que cela prend du retard, et dédommagez les invités sur place, par exemple avec une portion en plus, une boisson ou un dessert.

Comment maintenir votre chiffre d'affaires hors haute saison ?

Le printemps et l'été sont la haute saison, mais l'automne et l'hiver ne manquent pas d'événements : fêtes du personnel, fêtes de fin d'année, drinks de nouvel an, anniversaires et marchés de Noël. Voici comment préparer votre truck :

  • Montrez que vous assurez aussi en hiver. Utilisez des photos d'événements d'automne et d'hiver sur votre profil et vos réseaux sociaux, par exemple votre truck illuminé dans la nuit ou une installation chaleureuse pour une fête de fin d'année.

  • Créez un menu d'hiver. Des plats qui vont avec le froid et les fêtes, comme une carbonnade flamande avec des frites, une bonne soupe, des gaufres chaudes, un peket ou un vin chaud (avec l'autorisation nécessaire pour l'alcool) ou une version hivernale de votre plat signature.

  • Déplacez le service à l'intérieur. Préparez la nourriture dans votre truck dehors, et servez-la à l'intérieur sous forme de buffet quand il fait vraiment froid. Les invités restent au chaud, et vous utilisez quand même votre propre cuisine.

Pourquoi vendre via Nuento ?

Nuento, c'est de la restauration mobile avec du personnel sur place : des food trucks, des bars mobiles et des cuisiniers qui préparent et servent la nourriture chez le client – jamais de livraison de plats tout prêts. En tant que propriétaire de food truck, vous obtenez :

  • Des réservations de particuliers et d'entreprises. Les clients cherchent par date, lieu et type de cuisine, et vous réservent avec la cuisine et le personnel.

  • Le paiement géré. Nuento gère le paiement avec le client.

  • Pas d'abonnement. Vous payez uniquement des frais de service quand vous recevez une réservation : 15 % sur les réservations via Nuento.

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Questions fréquentes

Mathilde NeuvecellePar Mathilde Neuvecelle· 5 nov. 2026